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 Jolivalon, ville des bergers

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Gurvillons

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MessageSujet: Jolivalon, ville des bergers   03.12.15 15:06

Chapitre III
Les collines roulaient à l'infini dans le paysage, grossissant en crescendo jusqu'à devenir des montagnes aux pics enneigés. Un rien séparait Gurvillons de Jolivalon mais les hauteurs du paysages n'en laissait rien voir. Des bêtes paissaient tranquillement entre les brins d'herbes, principalement des brebis suivies à la tétine par des agneaux gambadants, parfois des porcs et des poules se mélangeaient aux paisibles herbivores laineux. Entre les collines, les petits bosquets accueillaient des cabanes paysannes entourées de légumes où les enfants jouaient dans la boue malgré les recommandations de leur mère. Des bergers suivis de près par leur chien de troupeau sifflaient le rythme des déplacements en s'appuyant sur leur cannes de bois. Gurvillons sourit de les voir d'aspect si semblable au sien.
   Il atteint la cime de la colline qu'il gravissait depuis une dizaine de minute et vu enfin les première tour de la ville, puis rapidement il aperçu la grande porte de bois cernée de métal. A l'entrée les gardes portaient dans leur regard une anxiété quotidienne, ils vinrent rapidement à sa rencontre. Le contrôle fut bref mais effectif et le vieillard entra dans la ville. Elle n'avait pas changé depuis sa dernière visite, construite en cercle autour d'une immense, colline dont le plus haut point était recouvert par la maison du maître des lieu, Himérial le Juste, qui n'avait de juste que le nom. Les maisons de pierre et de paille donnait un air robuste et paysan jusque dans les quartiers les plus aisés, de la fumée s'échappait des cheminées et l'air ambiant sentait le bois humide brûlé. Gurvillons gravit les marches jusqu'au manoir, tranquillement, le bruit de sa canne résonnant dans l'air épaissi par le brouillard. Un grand porche faisait office d'entrée, Himérial se trouvait dessous, assis devant une grande table de bois où des bougies inégales faisaient danser leur flamme au dessus d'une flopée de cartes et de papiers militaire. Lorsqu'il aperçu Gurvillons, ses yeux s'agrandirent, il dévisagea le visiteur longuement. Si la ville n'avait pas changée, ce seigneur qu'il avait connu fort et puissant semblait bien plus faible après tant d'année. Il se leva brièvement afin de lui tendre un main chaleureuse mais son corps massif retomba rapidement dans son fauteuil. Il fît signe à Gurvillons de s'asseoir et l'observa encore un moment avant d'adresser un mot.  
" Vous n'avez pas changé, Alysan, finit-il par dire.
- Le poisson, répondit le diplomate, c'est ce que m'a dit mon médecin il y'a quelques années."
  Ces quelques années étaient en fait quelque siècles.
" D'ailleurs en avez vous sous la main? J'en suis friand!
- Je m'excuse mais ce que nous mangeons ici mange de l'herbe mon ami, pas des algues.
- J'en trouverai ne vous en faites pas. Veuillez m'excuser pour ma brutalité quand à l'introduction de notre discussion mais comment va votre peuple?
- Heureux, comme toujours, ils traient leur bêtes, mangent les fruits et légumes de notre riche terre.
- Ils se battent mon seigneur, pas seulement contre la mort que la vie leur impose, mais contre celle que vous répendez.
-Je vais vous couper Alysan, j'accepte vos propos, et rare sont ceux qui peuvent juger de ma gouvernance. La raison de cette faveur est que je sais qui vous êtes, mes doutes d'il y a cinquante trois ans se confirme quand à votre nature. Vous n'êtes pas Alysan, je le sais car lors de votre première visite un marchand d'Ovilan vous avait nommé Arthur avant même que vous ne vous présentiez à moi. Ma première idée était que vous étiez un espion mais ce visage sans ride aujourd'hui trompe cette idée. Aucun poisson n'est ce pas?
- Le poisson est une éventualité. Que suis-je alors?
- "On ne sait ce qu'il est, ni dieu, ni démon, il marche lentement entre les âges et sans tuer il vainc la guerre", rapport de guerre du lieutenant Himous chapitre quatre. Vous être Gurvillons, le Diplomate. Vous êtes celui qui ne connait du temps qu'une frise qui se dessine entre les galets des chemins. Et je ne vous ais cité qu'un texte vieux de quatre cent ans, j'en connais des plus anciens.
- Vous m'en ferez la lecture. Qu'allez vous en faire de cette découverte? Le masque tombe mais au diable mon identité, c'est le but qui m'a conduit ici qui m'importe.
- "Le pacificateur"! C'est ainsi qu'on vous nomme! Vous n'êtes qu'un beau parleur, les rois que vous avez manipulés n'avait que peu de convictions, les miennes sont sans failles. Vous n'êtes pas mon ennemi, vous n'êtes l'ennemi de personne, mais là est votre faiblesse, sans ennemi il n'y a pas d'influence. Je suis un maître sur ma colline, pour le commun des êtres de ce monde vous n'êtes qu'un vieillard sur sa canne. Ce n'est pas une guerre que je mène, diplomate, c'est une conquête, je ne fais des morts que lorsqu'on m'empêche d'avancer, je ne suis pas le monstre que vous voulez combattre.
- Je ne pense pas que vous êtes un monstre, mon ami. Vous êtes seulement un imbécile, votre courte existence ne vous permet de pas de comprendre ce que j'ai compris. Vos mots n'ont d'impact que sur ces rois que vous croyez imbéciles, mais vous n'êtes au fond qu'un petit seigneur, entouré d'agneaux. Des puissances dans ce monde ne ferait qu'une bouchée de votre avidité.
- Dois-je me méfier de vous? Ces mots sont-ils menaces?
- Vos textes ne parle pas de ma colère, j'en suis certain.
- Un homme tel que vous peut camoufler ses crimes.
- Un homme tel que moi peut se permettre de les éviter."
  Un silence s'éternisa dans la discussion. Les gardes essayaient de cacher leurs sentiments dans un contexte tendu. Himérial avait les poings serrés si forts qu'ils prenaient une couleur jauneatre. Il reprit la parole d'une voix plus grave qu'auparavant.
" Je ne connais pas votre puissance, je ne sais si quelqu'un en ce monde la connait, pas même vous, c'est pourquoi je ne vous menacerais pas. Vos intentions à mon égards pourrait ne pas être hostile alors je ne vous ferez pas l'affront d'une menace à mon tour. Je vous demande de quitter ma ville, sur le champ."
  C'était la peur qui parlait, malgré la conviction que le roi tentait de mimer, sa voix tremblotait légèrement. Il aurait voulu se tromper, apprendre que le commerçant qu'il avait connu en était bien un, il ne savait comment regarder l'être devant lui, la légende, d'apparence si fragile. Gurvillons se leva cérémonieusement, saisit délicatement sa canne qu'il avait posé contre une poutre et en s'avançant vers les marches il lança dans son dos: "Je reviendrais, je ne peux vous dire quand, mais ce jour là vous serez plus le même homme, c'est une certitude." Il reprit sa marche dodelinante vers la sortie sans quitter la porte des yeux. Il prit un chemin qui partait vers les montagne, là bas il trouverait des lacs, et du poisson.


Dernière édition par Gurvillons le 04.12.15 4:01, édité 1 fois
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Gurvillons

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MessageSujet: Re: Jolivalon, ville des bergers   04.12.15 3:54

La brume mêlée à la nuit donnait un air lugubre à la montagne mais Gurvillons ne sourcillait pas. Il marchait d'une vitesse constante depuis qu'il avait quitté sa chaise à Jolivalon. Des sons perçaient parfois le vent, fracas de bois, animaux divers, même le tonnerre par instant. Le vieillard se retourna pour observer son ascension. Les collines qui autrefois cachaient par leur grandeur les autres dans leurs dos, semblaient, de son nouveau point de vue, de pauvres marches inondées de brouillard. Jolivalon n'était qu'une pustule lumineuse au milieu du paysage sombre et bleuâtre du début de la nuit, écrasé sous l'immensité du panorama. Gurvillons soupira, puis se blottit contre un arbre sous une épaisse couverture et s'endormit aussitôt.
A son réveil, le soleil brillait dans un ciel dégagé, la nature était verte d'un printemps généreux, des pins et des saules, des chênes, des fleurs multicolores. Le vent était chaud et sentait l'humidité et le bois. Gurvillons était serein, et affamé. Il suivi des cours d'eau pour trouver un lac, le premier n'était pas plus grand qu'une mare, le second immense. Une cabane était à moitié suspendue au dessus de l'eau et un homme était assis, une cane à pêche dans la main. Il s'approcha souriant. L'homme ne sembla pas inquiet de l'approche d'un inconnu, il était maigre mais musclé, fort de caractère et de corps. Gurvillons s'assit près de lui et lui posa des questions sur les poissons de ce lac. Ils discutèrent un moment en observant le bouchon dans l'eau, puis excité de sortir de sa solitude, le pêcheur l'invita à goûter de ses réserves. du brochet et des écrevisses et une purée au hareng. Gurvillons était songeur, quand cet homme deviendrait à son tour un souvenir aussi vague que ses amis qu'il avait connu dans les millénaires de son existence? Cette rencontre si fortuite avec cet être chaleureux pourrait devenir un fantôme dans ses souvenirs sans qu'il n'y puisse rien faire. Il dévora son repas et reparti en direction des hauteurs.
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MessageSujet: Re: Jolivalon, ville des bergers   04.12.15 14:10

Gurvillons cherchait sans cesse des raisons de repartir, de rejoindre sa vie de commerçant invisible, riche et apprécié, mais sa nature pacifiante le forçait à retrouver ses sources, son essence. Si Jolivalon ne voulait pas entendre sa voix, c'est son ennemi qu'il fallait convaincre. Depuis que la dynastie d'Himérial était maîtresse de la région, les villages environnants subissaient ses taxes et sa violence. Le maquis que la montagne offrait était la forteresse naturelle des opposants à leur pouvoir. Gurvillons avait le souvenir d'une grotte immense près du pic de la Berkine, il savait qu'elle pourrait servir de base d’accueil pour une armée entière.
Il marcha encore une journée avant d’apercevoir l'entrée au loin, rien ne laissait transparaître une éventuelle présence sur les lieux. Il dormit dans le trou d'un arbre, son expérience lui avait appris que le matin était toujours plus propice à la discussion.
Le soleil était en cours de son ascension quand il atteint l'entrée. Deux hommes d'apparence quelconque étaient assis sur un rocher, l'un portait à la ceinture une hache sommaire, semblable à celle d'un bûcheron, l'autre une lance taillée grossièrement dans une branche sur laquelle un couteau était attaché par une corde. Gurvillons se présenta à eux comme un voyageur, eux dirent qu'ils étaient des chasseurs. Il demanda à entrer dans la grotte pour en admirer les parois, les deux hommes se regardèrent sans émotion, ils lui posèrent quelques question sur son origine, se regardèrent à nouveau sans rien dire. Un troisième homme sorti de la pénombre. Il était plus grand et mieux équipé, une épée dans son dos montrait une place importante. Il sembla plus surpris de la présence du vieillard sur le seuil de l'édifice naturel, le dévisagea et s'approcha lentement.
" Ton visage m'est famillié vieil homme, dit-il d'un ton puissant.
- Il doit être si simple qu'on le confonde monsieur, répondit le diplomate.
- Je n'oublis pas les visage, qui es tu?
- Un simple voyageur semble-t-il.
- Il ne me semble pas. C'est ton nom que je veux.
- Alysan monsieur, j'ai commercé dans cette région il y'a des années de cela.
- Tu mens, j'ai connu un Alysan quand j'étais un jeune homme à Jolivalon, c'était il y'a très longtemps, cet homme est mort.
- Vous l'avez pourtant sous les yeux. Qui es tu toi?
- Je suis Ermet, fils de Frankstar, cousin d'Himérial le juste. Tu sais pourquoi tu es là, tu me mens vieillard, ma question est simple, est tu un adversaire, ou un allié?
- Je n'ai d'ennemi que la violence monsieur, aucun homme n'échappe à mon amitié.
- Suis moi."
Ermet se retourna et s'enfonça dans la pénombre. Gurvillons s'y engouffra à son tour, passant entre les deux homme au regard imbécile. Ces derniers se remirent à observer le paysage, dans le silence.
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MessageSujet: Re: Jolivalon, ville des bergers   18.02.16 15:32

A l’intérieur de la grotte des cristaux offraient une lumière naturelle, Gurvillons et Ermet avançaient lentement sans parler. Les premiers signes d'un bastion de résistance se faisaient désirer, mais le sol était si tassé qu'il ne pouvait y avoir aucun doute, ils étaient dans ces murs. La discrétion était nécessaire et l'endroit était parfait, mais l’expérience du vieil homme ne laissait aucun détail s'échapper de sa perception. Peu à peu des odeurs vinrent lui chatouiller les sinus, de la nourriture, et l'odeur de l'eau sur la pierre sèche, probablement des douches. Un bruit de foule percutait les parois et grossissait à mesure qu'ils avançaient. Le chemin tourna a droite, puis à gauche et devant Gurvillons se dressa l'impensable. Le maquis n'était pas un rassemblement de paysans en colère, c'était une armée, gigantesque, un brouhaha sans nom de métal percutant et d'homme assoiffé de guerre.
 L'endroit semblait très bien organisé, Ermet s'arrêta en haut des quelques marches qui les séparaient de la foule et fit un signe de main comme pour découvrir le lieu de derrière un rideau.
 " Nous ne pouvions espérer mieux, monsieur. Regardez, en premier plan nous avons mis les écuries, les cavaliers et les éclaireurs peuvent ainsi sortir plus vite, et nous évitons ainsi aux chevaux de traverser la foule. Ensuite les cuisines secondaires qui prépare la nourriture pour les raids et les batailles, de là elles chargent directement les vivre vers la sortie. Ensuite les quartiers maîtres, vous ne pouvez pas imaginer la moitié des personnalités que vous verrez là bas. Après il y a les camps d'entrainement, qui recouvre une petite moitié de l'espace, suivis de l'infirmerie et enfin les dortoirs. Dans les parois sur les bords on trouve toute sorte de petits commerces, beaucoup de poisson, je vous sais friand d'écaille, monsieur."
 Gurvillons était quelque peu déboussolé, d'abord par l'ampleur du mouvement mais aussi parce que l'homme semblait le connaitre, vraiment. Il bégaya une phrase inaudible avant qu'Ermet ne le coupe.
 " Ne vous en faites pas, Gurvillons, nous ne vous voulons aucun mal, nous cherchons la même chose que vous.
- Savez vous que j'ai passé deux siècles dans l'ombre? Deux siècle à m'appeler Alysan, Artur, Failand, Masteh, mais jamais Gurvillons. D'ailleurs je ne vous demande pas comment vous le savez, je suppose que vos espions compte parmi eux un garde proche de notre roi sur la colline. Sachant qui je suis, sachant pourquoi je suis là, quelles sont vos intentions Ermet?
- Je vous emmène devant notre chef, mon père. Cette armée derrière moi est l'aboutissement du déchirement de notre famille, la guerre est inévitable, elle durera longtemps. Nous espérons requérir votre aide pour rendre notre sanglant avenir un peu plus radieux.
- Je n'aide pas les gens dans la guerre mon garçon, j'annonce la paix. Votre avenir n'a pour moi pas plus de clarté qu'une ligne dans un livre d'histoire. Je ne doute pas de la bienveillance de votre père, pas plus de la justice que vous portez dans ce combat, mais je n'irais pas à sa rencontre, du moins pas aujourd'hui. J'ai suffisamment de carte en main pour jouer la partie, mais la première manche ne sera pas disputée entre ces parois rocheuses, je rebrousse chemin."
 Ermet demeura sans voix. Ses yeux ne laissait paraître aucune émotion, la réponse du vieillard ne correspondait en rien à tout ce qu'il avait pu prévoir, il ne savait pas comment réagir. Gurvillons sourit tendrement, son regard bienveillant avait toujours eu l'effet d’apaiser les esprits confus.
 " N'ayez crainte jeune prince, reprit-il calmement, si c'est bien la paix que vous cherchez je serais un allié puissant. Attendez moi dans quatre mois, il me faut un cheval pour gagner du temps. Lorsque je reviendrais tachez d'avoir trouver plusieurs autres grottes comme celles-ci, et renforcez votre équipe de soin, votre infirmerie est trop petite pour recevoir un grand nombre de blessés. Ne vous laissez pas emporter par le désir de vous battre, je serais dans les temps. Au revoir, portez vous bien."
 Il tourna les talons sans laisser le temps de répondre à son interlocuteur. A la sortie de la grotte un jeune homme vint lui porter un cheval qu'il s'empressa d'enfourcher. Sa première destination serait le village de l'ouest, il devait voir un vieil ami.

(Chapitre IV rubrique village de l'Ouest)
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