AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Village de l'Ouest

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 20 ... 36, 37, 38  Suivant
AuteurMessage
Anarkia
Ancien(ne) de l'Outremonde
Ancien(ne) de l'Outremonde
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1160
Age : 31
Race : Kuei-Jin
Date d'inscription : 30/11/2007

Feuille de personnage
Pouvoirs: Manipulation des Ténèbres+Endless War
Localisation: YOMI-Endless War
Equipement: Daiklaives de formes changantes

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.11.14 0:05

*Anarkia ne pouvait s empêcher de sourire, etait un miroir que le destin lui offrait afin de se remttre en question*

" Si ce n etait pas une connerie vous l auriez fait depuis bien longtemps. Certes, je ne sais pas ce que vous avez pu vivre et je suis sur que toute cette peine merite de disparaître mais la mort n est pas une solution. "

* il l eloigna un peu plus du bord*

" l enfer fut jadis ma demeure et je peux vous dire que seul ses maitres y sont heureux, les autres sont voués à une douleur sans fin... Une illusion de liberté peut vous y etre offertemais cela reste une facade. "

* Anarkia se rappela de son passé en tant que demon abyssal... Race au service de l ancien dieu des enfers *

" Enchanté Dame Chise, je crois que cette feuille soit la raison de ma venue, j ai été tiré de ma torpeur mélancolique depuis mon lointain royaume. "

* il s arreta de parler lorsqu il vit le chat sortir du sac. *

" comptiez-vous vraiment laisser une telle beauté dans ce monde ? "

* il approcha sa main du felin pour lui caresser la tete *

" que diriez-vous de venir avec moi afin de me raconter vos peines ? Il m a ete dit etre une excellente oreille et de bons conseils "

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leyomi.skyblog.com
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.11.14 0:16

*Chise se mordit légèrement les lèvres ... fronçant toujours les sourcils, elle tentait de comprendre l'homme qui lui faisait face ...*
"Je l'aurais fais depuis longtemps ? ... Pas si je n'avais pas de raison auparavant ..."
*Elle le regarda s'éloigner du bord mais ne bougea d'abord pas ... Elle commençait à avoir froid. Et une fatigue intense s'emparait de son âme meurtrie par la douleur ...*
"Une illusion de liberté ... "
*Chise répétait ces mots, comme tentant de les comprendre, Avait elle vraiment jamais été libre ? Elle pensait l'avoir été, mais toutes ses routes l'avaient finalement menées a même endroit : la douleur et la solitude ... Cet homme en savait bien long sur les enfers ... Avait il été mort ... ou démon ... au service de Sensei ... Elle grimace douloureusement à cette pensée ... En la quittant, Setsuna avait rouvertes toutes les douleurs qu'il avait réussi à guérir ... en plus d'en créer une nouvelle, bien pire encore ... *
"Cette feuille ? "
*Elle continue de tourner la feuille entre ses doigts ... *
"Je n'ai jamais eu conscience que les feuilles de mon chêne puissent faire celà ... Et quel est ce royaume dont vous venez exactement ? ...."
*Le félin pencha la tête avec curiosité, refusant de se laisser caresser mais ne se sauvant pas non plus ... *
"Ho Laissez ... vous me raconterez celà bientôt ... je n'ai guère la force de vous parler de moi aujourd'hui ... Mais j'aurais en revanche celle de vous écouter ... "
*Elle pose son nez contre celui de son chat avant de lui murmurer tout doucement à l'oreille *
"Pardonne moi petit dieu ... "
*Puis elle relève son visage toujours aussi inexpressif vers l'homme étrange ...*
"Je vous suis alors ... si vous ne m'emmenez pas aux enfers bien sur ...."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Anarkia
Ancien(ne) de l'Outremonde
Ancien(ne) de l'Outremonde
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1160
Age : 31
Race : Kuei-Jin
Date d'inscription : 30/11/2007

Feuille de personnage
Pouvoirs: Manipulation des Ténèbres+Endless War
Localisation: YOMI-Endless War
Equipement: Daiklaives de formes changantes

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.11.14 0:30

* Anarkia tendit la main vers le vide et le fameux portail du Yomi sortit du sol. Deux squelettes géants ouvrirent les portes laissant la lumière du soleil vert illuminer la figure de Chise*

" N ayez crainte, ce portail peut nous mener ou vous le desirez. Il vous suffit d y penser tres fort."

* il prit tendrement la main de jeune femme, il ne voulait pas la forcer. *

" Me ferez- vous l honneur de m indiquer le chemin ? "

* Chise fut, pour un bref instant, connecté au kuei-jin, elle ressentit la profonde douleur qu il gardait en lui. La detresse et la peine qu il avait senti lors des diferents abandon. Ce moment se dissipa lorsqunil lui demanda de passer dans le portail. *
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://leyomi.skyblog.com
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.11.14 0:38

*Chise recula d'un pas en voyant les deux squelettes géants ...*
"Heu ... vous savez on se connait pas vraiment et franchement ... "
*Elle fait un signe du menton en direction des deux morts .... *
"Franchement je suis pas vraiment adepte de la nécromancie alors ...."
*Elle sursauta quand il lui prit la main et la retira vivement, comme effrayée par ce contact ... Où elle voulait ... elle pouvait aller où elle voulait ? ... Il y avait bien un endroit où elle souhaitait aller mais ... aucune raison que ce portail ne puisse y emmener ... et elle avait perdu le seul artefact qui pouvait l'y emmener depuis bien longtemps ...*
"Le chemin .... "
*Elle sentit un instant une douleur immense, qu'elle prit d'abord pour la sienne ... Puis se rendit compte que cette douleur, si similaire, était celle du jeune homme ... Elle se retourna et regarda un instant l'océan ... et murmure comme pour elle même *
"Là où on va ... on a pas besoin ... de route ... "
*Elle prend une profonde inspiration, attrape l'homme par le manteau et passe le portail*

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.08.15 11:50

*Chise parvint dans le village de l'Ouest et se dirigea instinctivement vers une petite ruelle voilée à la vue de tous. Elle marchait sans réfléchir ... poussée par un instinct qui dépassait sa raison ... Arrivée au fond de la ruelle, une petite porte ronde se détachait d'un mur en désuétude ... La nymphe poussa doucement cette dernière et entra dans la "boutique" ... Cette dernière était sombre, et des tonnes de potions, élixirs et autres liquides scintillant luisaient dans des tubes, quelques torches éclairaient faiblement la pièce ... *
"Bonjour .... ? "
*Un homme sortit de derrière un mur au fond de la pièce, il était plutôt jeune , son visage était sombre et mystèrieux, il semblait plutôt taciturne. Des cheveux châtains ondoyaient et encadraient son visage à la peau pâle ... une barbe de quelques jours piquetait sa peau, et de grands yeux gris semblaient scuter la nymphe de haut en bas ...*
??? : "Désirez ? "
"Je ... heu ... en fait ... j'ai entendu parlé de vous ... dans le village. Il parait que vous êtes le meilleur alchimiste de la région et ... ma requête va sans doute vous paraître stupide mais ..."
Al : "Dites toujours ... "
*Chise déposa doucement le bocal contenant les cendres de son chat sur une table adjacente et murmura, comme confuse d'une demande si ... inutile ... *
"J'aurais souhaité que vous vous serviez des cendres de mon défunt ami pour réaliser une pierre unique .... "
*Le regard de l'Alchimiste s'écarquilla ... Jamais on ne lui avait demandé celà auparavant ....*
Al : "Pourquoi j'ferais ça ...?"

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   11.08.15 15:35

*Chise ne fut pas surprise de la réaction de l'homme, elle se contenta de baisser un peu plus la voix*
"Je ... je ne sais pas .... je demandais à tout hasard parce que ..."
*Sa main se dirigeait vers le bocal pour le reprendre. Elle comprenait, c'était une tâche peu gratifiante pour un alchimiste .... Mais à peine allait elle frôler le bocal que l'homme la lui arracha des mains ... *
Al : "D'accord à une condition ..."
*La nymphe hocha la tête, mais aucun son ne sortit de ses lèvres ... *
Al : "Je te connais. Tu es Chise. La nymphe de la grande forêt"
"Vaste ...."
Al : "Ouais si tu veux. Tes pouvoirs sont parait il presqu'illimités là bas ... Tu m'apporteras toutes les plantes même les plus rares dont je pourrais avoir besoin pour mes potions ..."
*Chise haussa les épaules, celà ne lui paraissait pas un cher tribu ... Même si celà pourrait légèrement désorganiser l'économie locale ... Elle approuva à voix basse *
"D'acc..."
Al : "Pendant Un An entier ..."
"Un an .... d'accord ..."
*L'homme tendit sa main ... Chise pencha le visage un instant et hésita avant de lui tendre la sienne ... Elle sentit la peau sèche et rugueuse sous ses doigts .... et la retira vivement .... L'Alchimiste la regardait avec curiosité ... *
Al : "Abriel ...."
*La nymphe fronça légèrement les sourcils et une moue étrange apparu sur son visage ... *
Ab : "C'est mon nom ...."
*Chise plissa les yeux, contempla l'homme de haut en bas .... tentant de comprendre ses intentions, mais renonça ...*
"Enchantée ..."
Ab: "Reviens demain, celà sera prêt ... et ...je te donnerai alors la liste de ce que tu me dois ... "
"D'accord ... A demain alors ..."
*La petite blonde poussa la porte et resta un instant devant cette dernière ... Drole de garçon vraiment .... Elle se mit en marche pour retourner dans la vaste forêt d'un pas rapide *

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   27.11.15 17:13

*La nuit était tombée depuis longtemps quand Chise traversa la petite ruelle, le froid environnant lui mordait les joues, seule partie de son corps visible. Sa cape l'entourait comme le manteau de la nuit, et celà l'arrangeait ... N'être plus qu'une ombre, qu'un corps sans âme, elle ne pouvait pas dire que celà lui plaisait ... Elle se souvenait de toutes ces belles paroles, de tous ces hommes en lesquels elle avait cru ... Pour sur elle n'était pas toute blanche, en particulier pour Jonath ... Elle serra un instant ses mains, avoir perdu Jonath était probablement sa plus grande erreur, il l'aimait, pour ce qu'elle était, sa partie sombre et sa partie claire. Bien qu'ayant essayé de la tuer plusieurs fois, il était aussi probablement celui qui l'avait le plus protégée ... Et elle avait tout foutu en l'air à cause de Sensei ... de cet être menteur compulsif ... Qu'était il devenu d'ailleurs ? Elle se le demandait parfois. Espérant secrètement que le destin l'ai vengée. Et puis évidemment il y avait lui ... il y avait Setsuna ... Cet homme à qui elle avait confié son coeur brisé, qui lui avait réparé, pour lui briser de nouveau. Qu'avait elle fait de mal ? de travers ? Aujourd'hui encore, elle n'en savait rien. Et il n'était rien de pire que l'ignorance. Elle aurait pu supporter qu'il ne l'aimât plus ... Elle aurait pu comprendre qu'il ne la supporte plus ... Mais ce départ soudain, elle ne l'avait pas compris et c'était celà qui rendait le deuil de cette relation si dure .... *
*Perdue dans ses pensées, elle se retrouva sans s'en rendre compte devant la porte de la boutique qu'elle poussa, enfin au chaud son corps fut prit d'un frisson violent, elle leva les yeux , l'alchimiste n'était pas là ...*
"Bonjour ? "
*Aucune réponse, elle se déplaça alors, scrutant les étagères et les rayons. Des potions en tout genre, des pendentifs, des pierres scintillantes, et toutes sortes d'étrangetés dont l'utilisation lui semblait obscures remplissaient la pièce ... Une pierre en particulier l'attira violemment, elle était noire, d'un noir de jeais , et une strie blanche la traversait, semblant la couper en deux ...*
Ab "Ne touchez pas à ça ... "
*La nymphe reposa la pierre, et sans se retourner, sans la quitter du regard demanda posément*
"A quoi sert elle ? "
Ab : "En quoi celà vous intéresse ?"
"Simple curiosité ..."
Ab : "C'est une pierre d'autonomie"
"Je ne comprends pas ..."
Ab : "C'est une pierre très dangereuse ... et c'est étrange que celà soit la première vers laquelle vous vous soyez dirigée ... Elle n'exerce un attrait que pour ceux qui en ont réellement besoin ... ou envie ..."
"vous n'allez pas me dire ce qu'elle fait n'est ce pas ? "
Ab : "Je le pourrais mais ... "
*Il se tenait à présent juste derrière elle et l'observait silencieusement, Chise ne se retournait pas, obnubilée par la pierre .... *
"Mais ? ...."
Ab : "Mais elle ne vous donnerait pas ce que vous souhaitez vraiment ..."
"Qu'en savez vous ? ..."
Ab : "Cette pierre ... sert à déconnecter le coeur de l'âme ... Ou plus exactement à l'entourer d'une barrière qui l'empêche de communiquer ..."
"On ne ressent plus aucun sentiment ... ? "
Ab : "Aucun ... Ni Amour, ni joie, ni peine, ni peur,ni colère, ni désir ... "
"Qu'est ce qui vous fait dire que celà ne me conviendrait pas ? "
Ab : "Celà ne peut convenir à personne ... Enfin ... J'ai votre commande ..."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   27.11.15 18:11

*Chise se retourna, elle prit soudain conscience de la proximité du jeune homme et sursauta, Il était plus grand qu'elle, une bonne tête, et il la regardait sans curiosité aucune. Elle recula d'un pas, machinalement et butta dans la table derrière elle, tourna la tête, sa capuche glissa et ses cheveux dorés tombèrent sur ses rondes épaules ... une Fiole vacilla, et elle la rattrapa de justesse*
*Durant tout ce temps l'homme ne la quitta pas des yeux et se contenta d'énoncer posément, une simple constatation*
Ab : "Vous êtes maladroite."
*La nymphe leva ses yeux de jade sur lui et hocha la tête*
"Entre autre ... "
*L'alchimiste détaillait la jeune femme, comme cherchant à la déchiffrer*
Ab : "Je vais vous la chercher ..."
*Chise hocha la tête et attendit qu'il s'éloigne pour se placer au milieu de la pièce, ici, du moins ne risquait elle pas de renverser quoique ce soit*
*Quand Abriel revint, il tenait dans sa boite une sorte de médaillon en vieil argent, avec en son centre une pierre d'un gris profond, piquetée de gris plus clair, comme un ciel d'hiver ....*
"Un pendentif ? ça n'est pas ce que j'avais demandé ..."
Ab : "Vous les femmes vous adorez ça ..."
"Charmant ... pas du tout cliché et misogyne avec ça ..."
Ab : "J'énonce des faits ... "
*Il la tendit à Chise, mais quand elle approcha sa main il la retira un bref instant *
Ab : "Je dois quand même vous prévenir ..."
"De quoi encore ?"
Ab : "Je ne suis pas bijoutier ni boulanger, je suis alchimiste ..."
"Sans déconner ? Je pensais m'être arrêtée chez le boucher ! "
Ab : "Amusant cette manière de plaisanter quand vous ne comprenez pas quelque chose ... Je veux dire que mon métier, c'est de révéler la nature profonde des choses et leur pouvoir caché ... Aussi il est fort probable que cette Pierre aie un certain pouvoir ... Positif ou négatif ... pouvoir qu'elle tiendra surement des cendres de votre être cher ..."
"Je vois ... Mais vous ne savez pas ce que c'est ? "
Ab : "Je ne m'amuse pas à tester toutes mes pierres au péril de ma vie ..."
"Donc vous m'avez peut être refilé une pierre mortelle mais vous n'en avez cure..."
*Abriel se contenta de hausser les épaules à cette question. Il sortit alors un parchemin avec une liste de plantes, fruits et autres herbes étranges ...*
Ab : "Pour mon paiement ..."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   02.12.15 13:59

*Chise attrapa la liste ... la déchiffra difficilement. Cet homme avait une écriture atroce ... Les herbes mentionnées étaient très rares, certaines même mortelles ... La nymphe fronça les sourcil mais ne dit mot ... Pendant toute sa lecture, l'alchimiste détaillait l'ornement qui soutenait les cheveux de la nymphe, un ornement venant d'Outremer et représentant un crâne sur une fleur d'hibiscus ... *
Ab : "Où avez vous eu celà ? "
*Il pointa du doigt l'ornement et Chise secoua la tête ... *
"Qu'est ce que celà peut vous faire ? Vous êtes aussi antiquaire ? "
Ab :" Non ... mais j'ai écu... beaucoup voyagé ... Et je n'ai jamais rien vu de tel ..."
"Alors vous n'avez pas voyagé assez loin ..."
Ab : "J'ai voyagé sur tous les continents !"
"... de ce monde."
Ab : "Je vois ... vous n'êtes pas qu'une simple nymphe pas vrai ... ?"
"Je vous trouve trop curieux ... Ceci est mon passé, et il ne fait pas partie de notre accord."
*La nymphe se tourna et posa sa main sur la porte, l'homme s'interposa brusquement pour en bloquer le passage*
Ab : "Quand reviendrez vous ? ... pour le paiement ?"
" Celà ne devrait pas être long, 24h tout au plus ... Vous ne me faites pas confiance ? "
*l'homme posa de nouveau son regard sur l'ornement, avala sa salive et marmonna*
Ab : "Si ... bien sur ..."
*Il lâcha la porte, pendant ce temps Chise recouvrit sa tête avec sa capuche et sortit en silence. L'homme referma derrière elle et marmonna, le regard perdu au lointain ...*
Ab : "hé ben ça ... La nymphe est une pirate .... "

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   02.12.15 17:27

*à Peine Chise sortie de la boutique, une silhouette féminine apparu dans la boutique. La jeune femme portait une robe suggestive d'un rouge somptueux et un sourire narquois ornait son magnifique visage sans aucune imperfection . Elle leva une main vers son visage et regarda ses oncles parfaitement manucurés.*
?? : "Alors ... Où en est on ?"
Ab : "Elle vient de partir ...."
?? : "Tu as établi le contact ?"
Ab : "ça n'est pas si simple ... Elle est plutôt froide."
?? : "Evidemment que ça n'est pas simple ... c'est pour celà que je te l'ai demandé, mais j'ai confiance en toi. Toi et ton jolis minois, vous y arriverez ..."
Ab : "Elle a déjà l'air plus bas que terre je ... suis pas sur que ça soit une bonne idée."
?? : "Mais est ce que je t'ai seulement demandé ton avis hmmm ? Tu es un voleur..."
Ab : "Un pirate! "
?? : "Peut importe ... C'est du pareil au même tout ça ! Je te demande de voler quelque chose, tu le voles. Je te l'échange contre le grand amour de ta vie que je tiens en ma possession et on est quitte."
*Abriel serra les poings, ses yeux gris perçants transperçant celle qui lui faisait face*
?? : "Ho ne me regardes pas comme ça ... Tu sais ce que c'est, tu l'as fait des dizaines de fois. Bon c'est vrai cette fois ça n'est pas toi qui est en position de négocier ... Haha ... ça fait quoi alors ? "
*L'alchimiste ne répondit pas ... il était pieds et mains liés ... s'il n'effectuait pas sa tâche, alors son amour ne lui serait jamais rendu ...*
?? : "Ha ... et ne t'avise pas de te prendre d'affection pour elle : Tu risquerais de mal mener ta tâche. Et puis, elle n'est pas très intéressante crois moi. Bien ... Je te dis à bientôt. Et la prochaine fois tache d'être un peu plus ... entreprenant  !"
*Elle disparut dans une volute rosâtre sous le regard d'Abriel. Ce dernier serra le poings et frappa de toute ses forces contre la porte*
Ab : "Morue !!!!!!"
* Il ouvrit son veston et en sortit une flasque recouverte de cuir noir sur lequel était gravée deux sabres ainsi que des initiales entremêlés "RF", il la déboucha et avala une gorgée du liquide ambrée qu'elle contenait*

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   03.12.15 15:22

De là où il était, il pouvait apercevoir le village. Ses côtes lui semblaient enfoncées dans ses flancs, son épaule était manifestement attirée par le sol, sa nuque était raide comme jamais, et en définitive, son corps tout entier l'oppressait. La gravité était étrangement trop forte. Il s'écroula par étape, tout en tentant d'avancer péniblement. Sa détermination n'avait pour limite que son corps, qui lui était en proie à la faiblesse. Il refusait de céder, mais il cédait de fait. Il devait maintenant se maintenir à deux mains sur son genou qui n'était pas à terre, et ses tempes battaient comme le marteau des cordonniers de son quartier jadis; une frénésie fiévreuse l'envahit. Il voyait. La dague coincée lui brulait la peau par frottement, et cette brûlure lui parut peu naturelle, tant elle était vive... Comme les gamins des Portains, au Sud du village. Il céda. À présent il luttait les deux mains au sol pour tenter de s'en extirper, en vain. Son cœur battait trop fort, et ses palpitations lui firent peur, ce qui les encouragea. En un dernier effort, "à quatre pattes", pour avancer vers l'objet au loin, il s'écroula.

Il était là, voûté, aussi sur une chaise, les coudes sur les genoux. L'homme au blouson se tenait droit, les mains dans le dos, à trois pas de lui. Il n'avait pas l'air de d'habitude -bien que s'eut été difficile à définir- et il affichait une franche expression de victoire. Il se mit à parler. Le propos était insensé: l'homme divaguait sur une histoire de rôle à tenir, de protection nécessaire. Il s'arrêta net, et de façon très théâtrale. Il porta d’ailleurs la main à son visage pour le cacher, et se tourna. Il jouait faux. Crohe ne disait rien, il ne comprenait -encore !- pas vraiment. L'individu fit soudain trois pas en avant, et saisit Crohe au visage.
"Mais c'est normal, pauvre idiot ! C'est moi, qui comprend. Toi tu n'as pas à comprendre ! Tu es l'hôte, et ce n'est pas rien, mais tu n'es pas fait pour comprendre ! Tu catalyses. Mais ça, ça là, devant, ce n'est pas toi ! Toi, toi, ton rôle, c'est de vivre physiquement, de survivre s'il le faut... Mais là-bas, car c'est le bas-monde, c'est d'autres règles, et tu le sais, tu le savais ! Ces êtres, là-bas, hé bien ils ne sont pas comme dans la putain de végétation! Donc, maintenant je vais te dire, Crohe, c'est moi, et toi; mais moi.."
Il continua de déblatérer, il l'avait lâché pour retourner à ses trois pas de distance. L'autre ne répondait pas, il n'était pas interrogé. Cette scène absurde et abasourdie dura dix bonnes minutes, et même ici, Crohe sentait son corps faiblir, comme s'il vieillissait très vite. Encore une fois, l'homme fit une brusque intervention, au sein même de son monologue.
"..Et c'est là que j'ai compris: il n'est pas question que ça continue. C'est moi, Crohe. Crohe. C'est moi. MOI, CROHE, C'EST MOI ! MOI ! CROHE ! JE SUIS CROHE !...


Il gémit. Encore un effort, un seul. Le village est pas loin, il faut se lever. Et Crohe plia son bras avec difficulté, occultant force de volonté la douleur du muscle froissé, et ainsi s'aider de sa main pour se relever. Il s'assit après de longs efforts, le regard plus vide que d'habitude. Il pensait. Il pensait abondamment. Et toutes ces pensées étaient en quelque sorte destructrice pour sa santé mentale, car d'un coup d'un seul, Crohe, l'humain, le Passant qu'il était avait émergé, et accédait à un passé qu'il n'avait vécu qu'en spectateur impuissant et incertain de la réalité des faits. Tout ceci fut une expérience plus que déstabilisante, certainement la plus forte de sa vie. Il ne se rappelait toujours pas de son passé de vie d'humain. Mais quelque chose l'inquiétait, au travers de se fouillis d'information si dense qu'il s'y perdait, quelque chose, due à une logique de causalité, ne lui était pas donné, pas accessible. Un sentiment inquiétant et latent, une menace impalpable. Il pensait, et souffrait du dos, terriblement, malgré le massage qu'il s’appliquait sur les lombaires. Son regard était vide, car trop occupé, mais la posture de la bête était, dorénavant, fortement altérée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   07.12.15 18:11

*La nymphe arrivait au village de l'ouest, les bras retenant le gros panier chargé à ras bord des herbes accumulées ... un vent glacial soufflait et s'engouffrait sous la capuche qui dissimulait sa chevelure ... ses lèvres légèrement bleuie et le visage pâle contrastaient avec l'image que la nymphe avait pu donner ses dernières années. Ombre d'elle même, elle n'était plus qu'un fantôme errant de place en place sans aucun but ... *
*Les petits marchés de nuits qui jonchaient les rues ne l’intéressaient plus, l'odeur du vin aux épices non plus. Plus rien ne comptait. Comment tout celà aurait il pu ? tout semblait si vide, si vain au regard de tout ce qu'elle avait perdu. Il faudrait un milliard de ces petits moments de bonheur pour combler le vide qui s'était emparé de son coeur.*
*Elle traversa la petite ruelle sans un regard pour les personnes qu'elle croisait, ses yeux de jades étaient avaient perdu de leur vivacité, et toute lumière s'était éteinte. Enfin elle parvint à la boutique de l'alchimiste, elle poussa la porte et pénétra dans la chaleur de cette dernière . Ses lèvres reprirent des couleurs, pas son visage.*
"HoHé ? ....."
*Personne ... Elle soupira, surveiller une échoppe n'était pas bien compliqué, mais c'était visiblement trop demander à cet homme. Elle répéta un peu plus fort et avec une pointe d'agacement*
"HO HE ????"
*L'alchmiste sortit de l'arrière boutique, ses yeux gris scrutèrent un instant la nymphe*
Ab : "Enfin, vous êtes là ... Avec la marchandise j'espère ?"
"La marchandise, quelle drôle de manière de parler de quelques herbes ... Enfin, tenez elles sont à vous ..."
*L'alchimiste prit le panier et en examina le contenu pour vérifier que rien ne lui manquait.*
Ab : "C'est parfait, quand nous reverrons nous ma jolie ? "
*Chise sursauta ... le ton était déplacé, le compliment aussi ... Etait ce vraiment un compliment ou une simple façon de parler ?*
"Excusez moi, je ne savais pas qu'on avait gardé les arbrisseaux ensemble !"
Ab : "Je vous prie de m'excuser, c'est juste que ... Malgré votre air revêche, vous êtes plutôt mignonne ..."
*La nymphe ne cilla pas, ne bougea pas d'une pousse ((ha ha)) et scrutait l"homme silencieusement, ce dernier tendit une main vers elle pour la poser sur sa joue, aussitôt fait, la jeune femme s'empara de la dague ceinte dans sa jarretière et la posa le long du poignet de l'homme.*
"Je ne ferais pas ça si j'étais vous ... Pas si je tenais à ma main ..."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   08.12.15 17:59

*L'homme esquissa un sourire étrange, comme teinté de mélancolie, que Chise ne remarqua pas. En fait son regard était attiré par autre chose ... Un pendentif en argent très vieilli, orné d'une pierre blanche laiteuse tombait sur son torse. Son mouvement avait légèrement entrouvert sa chemise et découvert ce dernier. L'alchimiste écarta sa main de la joue de la jeune femme et cette dernière abaissa sa dague*
"Qu'est ce que c'est ? "
Ab : "C'est vous qui posez les questions maintenant ? "
"Est ce que c'est magique ? "
Ab : "Simple souvenir familial ... "
*La nymphe hocha la tête peu convaincue ... Elle détailla l'homme en détail pour la première fois. Ses cheveux châtains bouclés encadraient un visage parfaitement masculin, sa barbe de quelques jours se parait de quelques reflets roux sous la lumière. Il était un peu plus grand que la moyenne, ce qui lui laissait quand même une tête de plus que Chise. Habillés d'une chemise de coton blanche et d'un veston de cuir noir, son style ne s'accordait pas avec celui des gens du village de l'ouest .... Ses yeux étaient plutôt sombres et perçants et ses gestes assez vif, toujours brusques ...*
*La jeune femme s'écarta de lui et replaça sa cape sur ses cheveux*
"Bien ... à bientôt alors ... Je reviendrai dans quelques mois pour ... La suite du paiement ..."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   17.02.16 0:28

Lorsqu'il s'éveilla enfin, ni la chaleur ambiante si peu commune d'un foyer, ni la gêne que lui procuraient de prime abord la longue toge de tissu qu'il revêtait ne lui fit prendre conscience de la situation, si inhabituelle lui fut-elle; en revanche, il dénota une absence de gêne, et il identifia celle-ci en un instant: son champ visuel n'était plus obstrué par la masse revêche, noire et sale qui lui faisait office de crinière. On lui avait rasé la tête. Il hésita, tâta le sommet de son crâne d'une main maladroite qu'il retira très vite, car le double contact "à neuf" avait fait son petit effet, et un frisson le parcouru de la nuque jusqu'aux os. Il se rappela rapidement, en s'interrogeant sur ses griffe, de ce qu'il en était advenu. Bien qu'il avait eut au moins une réponse à sa série de questions mentales, il continuait de fixer ses doigts qu'il jugeait encore atrophiés. Sa vision s'élargie, il passa du doigt aux draps, puis des draps aux meubles, balayant tout cet espace artificiel du regard, comme s'il emmagasinait les centaines de questions qui l'assaillaient pour y répondre plus tard; il prenait bonne note. Du reste, la pièce en elle-même ne l'avait, étonnamment, pas impressionné du tout. Il n'avait pourtant pas mit les pieds dans pareil endroit d'aussi loin qu'il pouvait bien se souvenir -ce qui faisait court.

Une femme toqua par formalité de l'autre coté de la porte, et comme elle connaissait l'incapacité dont Crohe souffrait pour s'exprimer, elle entra sans attendre de réponse. Elle s'arrêta, certainement par méfiance, sur le seuil. Elle se concentra l'espace d'un minuscule laps de temps pour réunir toute sa douceur et son meilleur ton autoritaire de médecin pour demander à Crohe s'il avait bien dormi, et si, aujourd'hui, il la reconnaissait. À son habitude, Crohe ne répondit pas. Il avait des airs de chat: tantôt il pouvait vous fixer avec un air si intelligible qu'on pouvait s'attendre à ce qu'il dise quelque chose d'important, tantôt il détournait ce même regard pour le poser sur la commode, et alors l'illusion s’effondrait sur elle-même et ce regard redevenait immédiatement bestial, se dit-elle. Mais elle fut interrompue dans sa réflexion par le son de son lot à elle, par le glas de son propre purgatoire:

"ANNIE !"

Elle soupira. Son mari était malade. C'était son devoir d'épouse de l'aider au mieux, ça elle le savait, mais la maladie était si tenace et les crises si violentes au quotidien qu'elle s'était mise à douter de sa propre santé: la maladie l'aurait-elle eut, elle aussi, mais d'une autre manière ? Ses nerfs étaient sans arrêt mis à rude épreuve. Elle avait vue en Crohe une manière honorable de se distraire de son ordinaire, en soignant quelqu'un d'autre que celui qu'elle avait épousée et qui s'était transformé en un corps malade accueillant un esprit contraint à la maladie. Mais son idée, quand bien même fut-elle bonne, n'avait pas porté ses fruits: malgré tout les efforts qu'elle avait fournie, Crohe restait muet, se comportait comme s'il n'avait aucun équilibre, et plus grave encore, ne la reconnaissait jamais. Comme lorsqu'elle le trouva sur le sentier de la maison, il avait ouvert ses yeux pour afficher la même expression que maintenant, se dit-elle. Il n'avait pas progressé depuis des semaines. Elle l'avait rasé, lavé, habillé, nourri, avait passé des jours à lui parler; en vain.

"-AAAAANNNIIIEE !"

L'aigreur pouvait s'entendre dans la voix de l'homme. Crohe ne l'avait jamais vu. Mais il n'aimait pas le ton de cette voix. Il n'aimait pas du tout le souvenir inaccessible auquel il aurait, s'il avait pu, associé cette voix. Mais il ne réagissait pas en compassion, de fait il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Le visage d'Annie se tendit, mais elle conserva son calme habituel: elle déposa sur le bas du lit le déjeuné qu'elle avait apporté à Crohe, murmura pour elle-même qu'elle n'en avait pas pour longtemps, et referma la porte sur le calme de l'intérieur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   18.02.16 2:39

Un autre jour, Crohe avait trouvé sur sa table de chevet un petit miroir de poche. Il s'en était emparé avec l'avidité curieuse d'un enfant; et avec toute la gaucherie de l'animal qu'il fut. Il n'eut cependant aucun mal à se regarder très directement dans les yeux et à s'y reconnaître. D'instinct et vaguement de mémoire, il s'était souvenu de la fonction de l'objet, et jamais il m'omit de constater l'évolution de son reflet sien; la seule différence cette fois-ci était la nature solide et lisse de la réflexion, et le fait qu'il ne buvait pas dedans avait optimisé la netteté de l'image. Il se contemplait avec précision:

"-Vous avez les pommettes abîmées, soupira Annie qui avait assisté à une bonne partie du processus, et ça me fait penser que vous deviez être un homme souriant, ajouta-t-elle. Quel dommage ! Ces cicatrices ne partirons plus, je suis bien désolée. J'aurais pu faire quelque chose si je vous avais trouvé plus vite, je pense... D'autre pars, vous avez de la chance d'avoir des yeux d'Vihil, sans ça le soleil vous aurait complètement brûlé les rétines. C'est pas étonnant, vous devez être du coin n'est-ce pas ? Mon grand-père les avait lui aussi, commença-t-elle à s'embourber dans de longues explications, et son grand père avant lui, et les deux avaient..."

Mais ni le sombre de son regard vieillit, ni les cicatrices qu'il parcourait du bout des doigts ne l’intéressaient réellement: il tentait au contraire d'avoir une vue d’ensemble sur ce faciès étranger, et il en louchait pour peu. Sa peau avait brunie et ses arcades sourcilières s'étaient écrasées vers l'avant, ne manquant pas de cacher un peu plus ses yeux, qui étaient il y a longtemps déjà un peu enfoncées de fatigue. C'est ce que les paysans de sa région natale appelaient les Yeux de Vihil, une caractéristique propre aux gens de l'Ouest. Malgré le peu de recul que pouvait offrir le petit miroir, Crohe ne pouvait que se rendre à l'évidence: il découvrait le visage qu'il fixait, dans son intégralité. Un absolument étranger qu'il croisait pour la toute première fois. Puis lui vint une idée: il ouvrit la bouche pour vérifier l'état de ses dents, ce qui interrompu Annie dans ses banalités.

"-Ha, oui ! Je crois que je peux faire quelque chose pour vous à ce sujet. Voyez, j'ai eut du mal à mettre la main dessus, mais finalement, je l'ai retrouvé. Il est un peu vieux, hélas! Mais ça vous donnera toujours un plus joli sourire que maintenant..."

Elle s'approcha de Crohe pour lui montrer ce que contenait le verre en terre cuite qu'elle tenait dans la main sans y boire: un dentier stagnait au fond de celui-ci, et la vision surprit un peu Crohe, qui ne s'attendait pas du tout à y voir quelque chose de presque cadavérique. Annie sourit au mouvement de recul de Crohe, et elle tenta de le rassurer en lui disant qu'elle l'avait bien nettoyé et qu'il n'avait pas à s'en faire pour ça. Elle lui expliqua aussi en quelques points techniques comment il devrait boire une potion de toxines et passer une nuit atroce où ses quelques dents persistantes allaient tomber pour qu'il puisse enfin profiter de la prothèse. Bien que Crohe ne comprenait pas, il avait, semaine après semaines, de plus en plus l'air attentif, presque semblait-il à l'écoute certains moments. Annie l'avait bien remarqué, et elle avait décider de ne jamais arrêter de lui parler; comme si elle refusait d'être condescendante avec un enfant. Il se passait des jours où, durant ses tâches, elle lui parlait depuis l'autre coté du mur, ou encore depuis l'extérieur, par la fenêtre, tout simplement parce-qu'elle était dans l'incapacité de se détacher de son propos. Annie était une vraie pipelette.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   18.02.16 8:31

Pour Annie, la présence d'un inconnu muet s'était avérée salvatrice, et chaque jour elle se confiait un peu plus à Crohe. Un long étalage de ses problèmes était devenu rituel. Elle avait la juste sensation qu'à la fin de chaque entretien ses forces la regagnait. Son courage, sa détermination qui jusqu'ici étaient mises à mal se recouvraient peu à peu, et lui permettaient de passer outre les infamies de son exécrable mari. Il se pouvait qu'elle entrait dans la pièce les larmes retenues, pour en sortir regonflée à bloc, comme si la simple expression orale de ce qu'elle avait sur le cœur la libérait complètement des contraintes de sa peine, de sa fatigue ou encore de sa colère. Bien qu'elle trouvait ça malheureux et incorrect, elle bénissait en secret l'attention d'un muet, car pour une fois, elle se sentait pleinement écoutée.

Crohe ne feignait d'ailleurs pas d'écouter, pour ainsi dire, ce qui était en premier lieu son unique distraction constitua rapidement un exercice de regain de soi: il réapprenait, via l'écoute, sa langue maternelle. Aussi comprenait-il en substance ce qu'elle lui disait. Il aimait beaucoup avoir la reconnaissance d'un autre humain, et lui aussi, même s'il était cloué dans un lit trop fermement bordé toute la journée, bénissait la présence de sa bienfaitrice. Par contre, il avait en grippe son mari. Crohe avait bien compris la source des souffrance de son amie, et lui n'était pas aussi confortant qu'Annie: en aucun cas il n'aurait toléré qu'une souffrance en engendre une autre. On pouvait très largement le lire dans son regard qui se fixait méchamment sur la porte à chaque fois qu'il entendait grincer la voix maladive depuis l’extérieur.
Un beau matin, elle entra dans la pièce sans faire son boucan habituel. Et lui avait sourit rapidement avant de détourner le regard avec hâte. Ce n'était pas normal, il se tramait quelque chose. Crohe émit un son, une sorte de raclement de gorge interrogatif, ce surprit Annie, qui n'avait jamais entendu le moindre son de la pars de Crohe. Sa voix était plus grave que ce que ne laissait transparaître son visage. Dans sa surprise, elle se tourna à demi vers Crohe, suffisamment pour qu'il puisse constater un hématome grossièrement maquillé partant du coin de l’œil et allant jusqu'à la mâchoire. Il n'avait pas la capacité d'analyse pour déterminer la nature contondante de l'objet qui avait fait ça, mais il se doutait bien de l'identité de la personne responsable. Annie chercha quelque chose à dire, une formulation rassurante ou une déclaration quelconque pour taire le sujet, ou bien encore un mensonge ? Mais elle ne trouva aucune réponse. Elle ne savait pas quoi penser. Elle ne savait pas quoi ressentir. Elle ne s'y reconnaissait plus; elle se trouvait, elle aussi, totalement étrangère à elle-même.

Alors qu'elle restait là, sans rien faire ni dire, bouche-bée, Crohe fit quelque chose dont il se croyait lui-même incapable. Dans sa colère, il avait serré si fort les draps qu'ils n'étaient plus bordés, et son enclave de tissu avait lâché du lest. Dès lors, avec un mouvement de bascule qui rappelait son ancienne animalité, il sorti son corps encore faible du lit, et grâce à un effort important, il se leva sur ses jambes. Quand Annie s'en aperçut, il était trop tard pour lui dire de ne pas essayer, trop tard pour l'avertir que l'immobilité avait affaibli ses membres, trop tard pour l'empêcher de tomber. Il s'écroula, mais empêcha Annie de l'aider à se relever d'un geste autoritaire de la main. Subjuguée, Annie lui obéit, et il aurait été difficile de faire autrement: devant elle se passait quelque chose qu'elle n'avait jamais imaginé comme une possibilité concrète, et elle s'en voulait à présent de n'avoir pas regardé l'éventualité avec plus d'espoir; car le comportement, la posture, la présence, et même cette façon dont Crohe eut de s’exprimer n'avaient rien, absolument rien d'animal.

Il venait, pour la seconde fois de sa vie, de faire ses premiers pas d'humain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   18.02.16 9:35

Il se redressa tant bien que mal, et manqua de se vautrer à nouveau, mais au bout du compte, il se tenait bel et bien debout face à son hôtesse. Celle-ci détournait au maximum son regard, de peur d'affronter le jugement de celui qu'elle avait omise de considérer comme un homme. Mais Crohe n'avait que faire du regard d'Annie: il voulait constater la blessure. Il regarda longuement, mais savait précisément ce que faisait un hématome de cette envergure. Puis il prit conscience qu'Annie était au bord des larmes, alors il se rassit. Un long moment passa sans qu'aucun d'eux ne disent rien. Le silence fut bien entendu rompu par Annie, qui d'une voix tremblante avoua qu'elle était au bord du craquage. Elle était si fatiguée ! Et son mari ne faisait pas le moindre effort pour l'aider, à elle, qui se tuait à la tâche !

Elle se lança de un long monologue colérique. On aurait dit de la folie par moments, car son visage si doux à l'habitude était ici rongé de haine. Elle non plus, elle n'avait pas accepté le coup reçu. Elle lui en voulait à raison... Elle voulait le quitter, à raison toujours. Mais son discours avait des hauts et des bas, et bien que Crohe était très d'accord sur bien des points, ce qu'il entendu par la suite était incohérent. Elle avait fini par se calmer. Elle ne cherchait pas d'excuse, pas plus à son mari qu'à elle, et semblait raisonner rationnellement, mais ce qu'elle disait ne faisait pas sens. Elle avait arrêté de cracher son venin, et avait regagné ses traits doux et apaisés habituel. De plus, elle s'était mise à parler d'un passé plus heureux, d'un "avant" meilleur. Crohe ne la suivait plus du tout. Il ne comprenait plus que sa propre colère, qui se trouvait décuplée par le vraisemblable et instantané oubli du méfait. Il se déplaça en traînant une patte jusqu'à la porte, et en utilisant le geste qu'il avait vu exécuté des centaines de fois par la petite dame, il ouvrit la porte, la passa, et la referma derrière lui; laissant seule Annie dans son hilarité.

Il découvrait enfin l'autre partie de la maison, et ce qui le marqua était tout d'abord l'angle que donnaient les fenêtres sur la cours. Il n'avait eut jusqu'ici que celui qu'offrait l'ouverture à coté de son lit, et il pouvait à ce moment constater la proximité qu'entretenait le minuscule relais avec le village. Il n'y avait qu'un petit kilomètre ou deux à parcourir pour passer la première porte, et on pouvait d'ici voir si celle-ci était ouverte ou fermée. Ce village avait l'air de l’appeler, de l'attirer irrémédiablement; une grande partie de son esprit était tournée vers celui-ci. Du reste, il avait quelque chose à faire avant de se mettre en route. Il passa la seconde porte, celle qui menait à l'extérieur. Là il trouva un petit vieillard enfoncé dans un fauteuil de paille dégarni. Il dormait ou était inanimé. Crohe s'approcha pour savoir ce qu'il en était, et ceci réveilla l'homme, qui, comme si c'était son unique réflexe de défense, se mit immédiatement à jurer par tout les Patrons que l'inconnu aurait de graves problème s'il le réveillait à nouveau. Il parlait tout en agitant devant lui une canne en olivier, comme s'il s'agissait d'une baguette d'instituteur ou d'une rapière. À son mauvais souvenir, les deux étaient des armes. L'abjecte pensée lui fit voir rouge: il voulut saisir l'objet qui selon-lui n'avait en rien mérité de se voir conféré une nature aussi sordide, et comme le vieillard ne voulait pas lâcher prise, il tira d'un coup sec, et l'ancien tomba de tout son long. Il ne pouvait pas se relever. Il ne pouvait que gémir et implorer qu'on ne lui fasse pas de mal; mais Crohe était déjà parti, il aurait été dans l'impossibilité de compatir avec une vermine pareille.

Grâce à son appui nouveau, Crohe faisait route vers le Village de l'Ouest, vêtu de sa longue toge brunâtre, dans la quête inconsciente de sa mémoire. Mais au juste, quel était ce mot qu'il cherchait encore et encore, qu'il n'avait jamais cessé de chercher ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gurvillons

avatar

Masculin
Nombre de messages : 10
Age : 23
Race : Inconnue
Date d'inscription : 02/12/2015

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   23.02.16 14:48

Chapitre IV

 Gurvillons arriva aux dernières lueurs au village de l'Ouest. Il n'y avait pas mis les pieds depuis une bonne vingtaine d'année, mais le lieu n'avait pas changé d'un pouce. Les commerçants s'affairaient à allumer les torches de leur établissement pour gagner quelques heures de vente, les bars s'animaient progressivement, quelques passants solitaires s'empressaient de rentrer dans un endroit chaud et sec. Les pierres du sol étaient encore chaudes de la journée mais la fraîcheur volait dans l'air humide de la nuit. Gurvillons sillonna entre les rues sombres et les avenues pavées, il passa, en perdant quelques minutes, par un parc qu'il affectionnait où on pouvait voir des plantes venues d'ailleurs se mélanger à la végétation locale dans un patchwork de couleur. Il en avait connu le botaniste, mais son nom était enfoui sous les couches de souvenirs. Il marcha encore un poignée de minute et arriva enfin à destination: Le Loup Pleureur.
 Le patron de ce bar atypique était un vieil ami, du moins à échelle humaine, de Gurvillons. Borer L'ivre, fils de personne, brûlé sur toute la moitié du visage lors de sa rencontre avec le diplomate, bedonnant et souriant de nature. Après une rixe entre deux mages pyromanes dans son ancien établissement il avait perdu son visage et son emploi, sans compter l'aide que lui apporta notre vieillard en rachetant un théâtre à l'abandon pour y construire un lieu singulier, à la fois bar, restaurant, bibliothèque, salle de concert, musée.. mais surtout lieu d'échange commercial et de rencontre en tout genre.
 Gurvillons poussa la porte de pin gravée et s'avança dans le long couloir noir qui menait à la pièce principale. L'ancien guichet du théâtre était encore en fonction pour les événements payants. Tout le long du mur, éclairé faiblement d'une lumière bleuâtre, un long porte manteaux ceinturait la cloison, seules une petite dizaine de capes y pendaient. Une porte à battant se trouvait entre lui et ses souvenirs, il la poussa et dans le grincement de ses gonds la lumière chaude de la pièce inonda son visage. Lorsque ses pupilles retrouvèrent une sensibilité normale, il se trouva nez à nez avec un visage familier. Un énorme bonhomme, deux mètres de haut et presque autant de large, la mâchoire en avant, souriant la main posée sur son énorme massue à sa ceinture. Elidiânnïl était un troll certainement, personne ne savait vraiment quelle race se dissimulait sous cette montagne de muscle. Il souleva le vieillard dans les air.
 " Borer! Borer! C'est Masteh! Borer! Viens là vieux con!"
 Un vieil homme bossu se leva péniblement de derrière le bar, des cheveux gris cachaient la partie calcinée de son visage ridé. Il esquissa un sourire et se déplaça lentement vers Gurvillons.
 " Mon ami, je te croyais mort! dit-il quand il fût à son niveau avant de le serrer dans ses bras à son tour.
- Je suis pourtant bien vivant, frétillant même!
- Toi et ta poiscaille. Comment vas-tu? T'as pas pris une ride mon salaud.
- Je me porte et toi?
- Tant que tu ne m'amène pas de mauvaises nouvelles je devrait pouvoir survivre le temps de trouver un nouveau gérant, mais les temps son dur, avec cette putain de monnaie inégale tout le monde s'emmêle, les voyageurs sont moins nombreux et le locaux grappille déjà pour se nourrir alors pour aller au bar t'imagine!
- Je ne vais pas m'éterniser en politesse mon ami, j'ai besoin de cet endroit, j'ai une mission diplomatique importante à remplir et j'ai besoin d'un lieu de rencontre.
- Tu es chez toi ici! Tu le sait et tu l'as toujours su! Ta chambre n'a pas bougée, elle est toujours là haut à t'attendre. Je l'ai entretenue les premières années après ton départ mais j'avoue l'avoir laissée à l'abandon ces derniers temps.
- Ça ira très bien, je te remercie. Je vais me reposer de ce pas, nous parlerons demain, bonne nuit mes amis."
 Les deux interlocuteurs acquiescèrent d'un hochement de tête et Gurvillons s'engagea dans l'escalier en colimaçon gigantesque dans l'angle du bar. Au quatrième étage se trouvait la section privée de l'établissement, dix chambres, trois salle de bain et un grand salon de repos. Sa retraite était la dernière des portes, une chambre coquette sans mobilier superflu, un lit, une table et une chaise, et tout autour sur le mur des étagères surchargées de livre et de cartes. La poussières était dense sur tous les objets de la pièce, il saisit dans le petit placard à l'entrée le matériel de nettoyage et sans attendre se mit au travail.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   04.03.16 8:13

Épatant, tout ça était épatant ! Il n'avait rien ressenti de tel depuis son entretien avec l'animal; à ceci près que tout ce qui l'entourait à présent était bien réel, bien clair, limpide, précis. C'est ainsi que les étables, le pavé, l'odeur oppressante du jour de marché, le bruit et l'animation, la cause de tout cela et les mots pour désigner tant de choses lui revinrent à la mémoire sans ménagement. Il s'était rappelé du fait que les aristocrates avaient parfois un gros point bleu au milieu de la paume, ce qu'il signifiait qu'ils avaient sollicité les services d'un marchand de rêve -très à la mode, toute classes confondues, en période de crise- simultanément avec l'extrêmement théorique distance qui sépare les bordures de l’immense forêt avec les grandes Tours, distance qu'on lui avait enseigné durant sa très éphémère instruction. Peu à peu, au train où les bribes de sa mémoire se rendaient accessibles, il prit considération du temps, de tout ce temps, des si innombrables années qui le séparait de son dernier contact à la civilisation. Ce fut un choc: grâce à son savoir en reconquête, il s'y était enfin confronté: l'expérience que furent ces années d'errance, ces saisons entières à se terrer, à s'être séparé de sa condition humaine...

Aussi était-il indécis envers lui-même: devait-il se qualifier d'animal ? La psychologie instinctive ne dépassait pas son entendement, mais pour l'instant du moins, cette notion dépassait complètement son intellect. Il avait néanmoins la réflexion suffisante pour ne pas trop s'embarrasser de ce à quoi il ne pouvait pas répondre, alors il mit cette question de coté. Le flux de questions-réponses était trop fort pour son cerveau en rééducation, sa démarche en fut troublée, à l'instar de sa vision dans l'espace, ainsi que de son équilibre: il dut s’assoie. Il était en proie à une sensation presque vertigineuse, et ce n'était là encore que l'annonce d'un mal supérieur s'il fut comparable; très soudainement, son dos l'obligea à reprendre sa posture très droite, comme si son propre corps le soumettait à une silhouette humaine, ce qui ne fut pas sans engendrer une intense douleur. Son cœur, mal habitué aux émotions fortes, battait trop fort, et ces palpitations lui donnaient la vague impression que sa tête était un moulin à eau faisant frein dans un courant torrentiel.

Les passants qui se promenaient ce petit matin dans le quartier des Céréaliers auraient bien été surpris de savoir ce qui se passait par la tête de cet homme paraissant mendigot, affalé de douleur à même le sol rocailleux et mal entretenu du Sud-Est de la ville, mais ni son apparence, ni ses pensées n’intéressaient ici qui que ce soit, car en ce moment même, chacun avait son lot de misère à éponger, et nul ne pouvait se permettre de s'intéresser au râle d'un homme naissant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gurvillons

avatar

Masculin
Nombre de messages : 10
Age : 23
Race : Inconnue
Date d'inscription : 02/12/2015

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   04.03.16 17:33

En se levant Gurvillons fût inondé de réminiscence, il observa autour de lui et son passé lui revint comme un aliment qu'il aurait mangé il y a longtemps et dont le goût ne faisait pas seulement réagir ses papilles. La propreté de la pièce qu'il avait réussi à atteindre après de longues heures de travail donnait un air particulier au lieu, l'odeur des vieilles planches, les rideaux en dentelle déchirés par endroit, les parchemins pendant le long du mur, tout les éléments lui provoquaient un petit frisson chaque fois qu'il les voyait. Ses sentiments étaient profonds, il ne savait pas encore si leur nature était positive ou négative mais il sentait venir un bouleversement dans son existence éternelle.
Il alla sans se presser rejoindre la pièce principale pour recevoir un petit déjeuner. Si lors des soirées les cuisines comprenait chef et commis, c'est Elidiânnïl qui s'occupait des repas pour le reste de la journée. Le monstre s'avérait être un véritable cordon bleu, il amena au diplomate des œufs pochés, un bol de café au lait, du pain et de la confiture d'abricot. Un autre client était là, un habitué étant donné la familiarité qu'il se permettait avec le géant, un homme d'une quarantaine d'année qui dévisageait Gurvillons depuis qu'il avait rejoins sa place. Après quelque minutes gênantes d'échange de regard l'homme se leva, il se plaça à environ un mètre de lui, sorti une pièce de sa poche et ses yeux jonglèrent entre la pièce et le visage du vieillard. Il ne dit rien pendant un instant et sourit.
" Vous n'êtes pas un miteux voyageur, je me trompe?" Dit-il d'un ton rieur.
Gurvillons resta un instant perplexe, son accent ne lui était pas étranger mais il n'arrivait à en discerner l'origine, il tenta de reconnaître la monnaie mais sans résultat. Il prit la bouchée d’œuf qui pendait dans sa cuillère, s'essuya la bouche lentement et répondit calmement.
" Qu'appellez vous voyageur miteux mon ami? Est ce un jugement vestimentaire, une valeur sociale ou une critique de mon rythme de vie?
- Vous êtes loin du compte, répondit l'homme toujours rieur, vous ressemblez comme deux goûte d'eau au dieu du commerce et des échanges, son visage est sur les pièces de monnaie de ma contrée d'origine, Gurvillons, je vous jure que la similitude est frappante."
Le diplomate resta sans voix, pourquoi son nom ressortait si souvent ces derniers temps, il ne l'avait entendu qu'une fois en deux cent ans et tout à coups tout le monde semblait le reconnaître, il se demanda si le destin n'avait pas un rôle là dedans, mais il restait pragmatique et le hasard était pour lui un facteur plus plausible.
" Je ne croit pas être un dieu, finit-il par répondre.
- Je m'en doute. Trêve de comportement étrange, je me présente: je suis Kiko, agent de passage entre le village de l'ouest et Ydris, ma ville d'origine. Je loge ici la moitié de l'année, je constate que vous aussi vous aimez les œufs d'Elidiânnïl!
- Je suis Masteh, commerçant et financier, je voyage au travers du monde pour ouvrir des commerces dans des lieux atypiques comme celui là, et permettre à notre ami de préparer des œufs somptueux. Dites moi Kiko, Ydris se trouve sur l'île du croissant n'est ce pas?
- Exactement, c'est une petite ville en extension sur la côte est de l'île."
La mémoire revint à Gurvillons, il avait assisté à la création de la monnaie sur ce bout de terre perdu dans l'océan. Si il était encore considéré comme un dieu c'est parce qu'il ne cachait pas son identité à cette époque, il se rappela du seigneur qu'il avait épaulé, un homme humble et sympathique, c'était il y a plus de mille ans. Il se sentit nostalgique devant cette rencontre, les deux hommes échangèrent encore quelques politesses et décidèrent ensembles de sortir converser en terrasse.
Gurvillons ne perdait pas de vue son objectif, il lui fallait attendre l'occasion de dilapider sur tout le territoire des invitations pour une rencontre diplomatique au loup pleureur, cet homme pouvait être un lien nécessaire. Il dégustèrent tranquillement un café, Kiko racontait l'histoire de son île avec ardeur et enthousiasme. Le diplomate observait la rue en écoutant. Les passants se marchaient sur les pieds devant les étalages de nourriture, la saison touchait à sa fin et les derniers produits étaient très prisés. Seul un individu semblait calme dans le tumulte, un jeune homme vêtu de beige affublé d'une paire de lunettes rondes sur le haut du front était assis sur un tonneaux dans l'angle de deux murs de pierre. Il tenait entre ses doigts fins un petit carnet de cuir et un crayon de bois, il observait lui aussi les passants en prenant des notes. Leur regards se rencontrèrent mais le jeune homme ne sembla pas relever, il baissa à nouveau les yeux pour griffonner. Après quelques minutes de concentration sur le papier, il se leva, enfila un sac à bandoulière de cuir, et escalada la façade dans son dos avant de disparaître sur les tuiles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   07.03.16 8:31

La terrasse du Loup pleureur était bondée en fin de matinée. Parmi les tablées de commerçants et acheteurs finissant leurs tour habituel du marché à ce particulièrement adéquat établissement, deux hommes discutaient de tout autre chose que l'éternel et infini débat sur le prix ascendant des huîtres. L'un était petit, trapu, vêtu d'atypiques frusques dont on ne pouvait déterminer la qualité tant elles étaient originales ainsi qu'hautes en fades couleurs, et portait sur lui une avidité terrible: l'archétype d'un homme avare, doté d'un ricanement incohérent qui pouvait survenir à tout bout de champ sans raison, et qui étoffait son propos de regards grossièrement épieurs; quant à l'autre, peu importe, il n'était là que pour divertir le premier.

"[...] Et celui-ci, n'a pas plus de maîtrise de lui-même que de main mise sur son couple. Un cocu si vous voulez mon avis, sinon la force de l'homme épanouis l'aurait poussé à en apprendre un peu plus sur son affinité avec son élément associé: cet homme n'est pas, contrairement à ce qu'il n'y parait, de l'école du Charme, mais plutôt du Mysticisme. Je vous accorde que la nuance est bancale, mais voyez comme il se dandine... Il ne se connait pas lui-même. Il n'arrivera d'ailleurs jamais à fourguer ses épices rancies à qui-que-ce-soit, et la qualité de ses capacités n'influent en rien dans ce perpétuel échec: voyez-vous, le marchandage peut-être, lui aussi, élevé au rang de Science ! Et cette petite donzelle qui porte des bandages aux mains, vous l’apercevez ? Hé bien elle est atteinte d'instabilité manaïque, c'est-à-dire qu'elle n'a pas été éduquée par un bon professeur, ce qui ne lui permet aucunement de se servir des canaux d'âme correctement, d'où les brûlures; ça peut être grave, en certains cas, avisa-t-il en reprenant une gorgée de café. Quand à cet homme, là, qui tient sa canne à l'envers, et bien son comportement est tout-à-fait intéressant, il ne fait pas correctement usage de ses jambes et ..."

Il marqua un temps dans son explication. L'homme dont il parlait l'intriguait en fait au plus haut point. L'inhumanité de son comportement, le manque de connaissance des artifices et sa découverte du monde étaient tous trois papables, ç'en était frappant. Lorsqu'il le reprit, plus lentement, l'homme était totalement absorbé par son propos qui, de mots en mots, devenait de plus en plus technique. Il s'était excusé entre deux phrases, s'était levé et approchait à pas mesurés de Crohe qui se recroquevillait de douleur à même le pavé de la petite placette. L'homme, sans même lui adresser la parole, le prit par le bras, se plaça sous son épaule, et le déplaça jusqu'à sa table en terrasse. Il dut faire un aller-retour pour ramasser la canne que Crohe avait laissé tomber tant ses forces lui manquaient. Dans le regard du petit homme se tramait une compréhension hors-du-commun, comme s'il avait percé toutes les incapacités ainsi que leur causes respectives à jour, comme s'il avait absolument tout comprit d'un seul regard. Il l'installa sur sa propre chaise, commanda un remontant, et -tout en ignorant totalement son précédant interlocuteur- se mit à littéralement étudier le visage de Crohe, qui, oppressé par la douleur, ne se rendait pas compte de ce qu'il lui arrivait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gurvillons

avatar

Masculin
Nombre de messages : 10
Age : 23
Race : Inconnue
Date d'inscription : 02/12/2015

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   07.03.16 21:56

Plus haut sur la terrasse, les doigts croisés sur son ventre, Gurvillons regardait encore avec curiosité les tuiles en se balançant sur sa chaise. Il laissait par moment son regard se perdre dans le petit bout de ciel qu'il pouvait apercevoir entre les lampes, les poutres et les maisons qui lui barrait la vue. Il humait l'odeur de fumée et de bois humide de la terrasse sans faire attention à la conversation que Kiko entretenait seul depuis quelques minutes, ce derniers semblait ne pas être dérangé par le manque d'écoute de ses vis à vis, il était très bavard.
  Le diplomate se détourna de ses songes un instant lorsqu'il apercu une tête au niveau des épaules des autres clients, un tête qui se dodelinait d'une manière qu'il ne connaissait que trop bien. Il sourit en silence et fît taire poliment le jeune ydrisiens, il marcha alors lentement vers la chaise où la tête continuait de rouler entre des épaules crispées, il posa une main chaude et douce sur un dos rêche d'un vêtement vieilli et décoloré. Un homme laid se retourna, il n'était pas seulement disgracieux, un nez aquilin extrêmement crochu, des pommettes saillantes et des lèvres pincées, il semblait aussi laid de l’intérieur, ses yeux plissés, fuyant, ses grognements, ses mains sans cesse en mouvement, s'entremêlant en nouant ses doigts fins. Mais derrière lui, un petit bonhomme, animé par une énergie inconnue qui semblait transformer sa tête en moulin, observait un homme et une cane. Lorsqu'il aperçu le diplomate, son débit incessant de parole se diminua progressivement pour ne devenir qu'un murmure, il dégluti, posa délicatement l'individu qui l’encombrait contre le rebord d'une table et s'avança au niveau de Gurvillons. Un souffle semblait encore contenir ses réflexions, sa bouche ouverte le trahissait, il pensait encore en parlant. Il leva les yeux et ferma sa bouche, il ne pensait plus à présent, ses yeux fins était plongés dans les bleus azur du vieillard.
  Après quelques secondes, ils s'enlacèrent. Leur regards ne se quittaient pas, ils s'assirent sur une table à leur niveau, à quelque centimètre l'un de l'autre. D'un geste ils firent porter une bière devant eux par la serveuse. Certains clients avaient remarqués le drôle de manège  et s'étaient détournés de leurs conversations pour observer. Les deux silencieux personnages ne bougeaient plus, la tension montait, le lieu semblait plus silencieux tout à coups. Des chuchotements rendaient la scène plus lourde et longue encore. Un verre tomba sur le sol, le petit homme poussa un petit ricanement, Gurvillons sourît: "C'est toi qui paye."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crohe Vivien

avatar

Nombre de messages : 60
Race : Fanatique de la virgule.
Date d'inscription : 10/12/2013

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   25.03.16 13:10

Payer ? C'était d'une facilité déconcertante, les mécanismes basiques de l'économie rudimentaire qui faisait lieu au Couchant n'étaient un secret pour peu de gens avisés; ce qui ne constituait en rien un défi pour l'homme de théorie. Il leva le bras, fit un clin d’œil, et en un tournemain les deux bières étaient posée sur la table en supplément d'un minuscule cylindre de tord-boyaux. Il allait lever son verre pour trinquer quand il aperçut le digestif et se rappela la raison de sa présence: il le fit boire à Crohe, en plaçant ci et là ses mains en application pour ausculter ce qu'il jugeait comme des mutations sur cet homme. Ces mains avaient, elles-aussi, quelque chose de technique, ne manquant pas de rappeler les signes incantatoires des coupes-jarrets des quartiers portuaires de Toranil; ce qui n'était en fait qu'une simple habitude qu'il adoptait lorsqu'il était confronté à sa propre réflexion. Une gestuelle qui ne pouvait signifier que ceci, et cette même habitude était étonnante en son manque de fonction: il n'était pas commun au théoricien d'agir de manière ostentatoire, lorsqu'il parlait, il parlait pour lui, et son entière réflexion était vouée à sa propre compréhension. La présence d'un être éternel lui était chère à ce moment précis, car il se posait des questions auxquelles il ne pouvait répondre lui-même -ce qui était bien plus qu'inhabituel. Tout en continuant d'un œil l'étude de l'individu amoindri et maintenant légèrement anesthésié, il commença à remuer les lèvre, puis un son presqu'inaudible se mit à sortir de sa bouche, et crescendo, il se remit à parler, à questionner sans attendre de réponse pour enchaîner, sans respecter un instant les conventions de la discussion:

"[...] et ceci ? Qu'est-ce ? La déformation, et je vous le donne dans le mille, qui laisserai penser que cet homme se déplaçait avec les genoux au lieu des pieds, et ses épaules en ont pris un coup. C'est terrible, parce qu'aux vus de sa colonne vertébrale, je peux facilement estimer qu'il a dut s'abriter dans un abris très bas, et pendant très longtemps avant de même penser à se redresser. [...] Bien sûr, ses yeux ont la forme d'ici, ça a dut l'aider, j'en conviens. Mais ça ! Regardez ça, démontra-t-il de l'index la naissance de la nuque du pauvre Crohe encore sonné. C'est incroyable que la nuque se soit renforcée: au contraire elle aurait dut se fragiliser à ces deux niveaux distincts. Ce n'est pas ce qu'il s'est produit. Il ne chassait pas; mais alors me direz-vous, pourquoi s'est-elle renforcée ici ? Je pense qu'il s'y est inscrit une volonté de protection de la boite crânienne, une volonté inconsciente. C'est, en terme de survie animale, une erreur fatale pour un humain. [...] C'est ce qui me pose un problème de logique ici, je ne pense pas, et c'est là à la fois mon diagnostic et ma question ouverte: comment a-t-il pu survire en l'état, alors que je pense que ce soit impossible ?"

Il s'arrêta là dans le monologue. Il s'était, alors qu'il parlait et bougeait tout autour de son sujet d'étude, redressé, et presque énervé le long de son raisonnement. Son excitation et son étonnement faisaient s'émaner de lui un sentiment palpable de fureur, de colère dans la rationalité. Il se montrait en fait agressif envers ce qu'il jugeait d'incohérent. Il menait depuis de très longues années une guerre qu'il ne pouvait gagner -et "gagner" n'était, dans celle-ci, pas son dessein. C'était là son exutoire, consistant à détruire, à annihiler l'ignorance, les flairer, les traquer pour trouver les contresens, puis les exterminer sans faiblir; et si ça prenait du temps, c'était tant mieux: il en avait du temps, lui, et son plaisir n'en était pas, au contraire, amoindrit, il s'éclatait, ouais, il prenait son pied ! Il détourna ses yeux hystériques qui s'exorbitaient de violence du corps de Crohe pour tourner un regard serein et apaisé, plein d'un doux entrain, quasiment le regard d'un enfant découvrant le monde, à l'être d'infini qui lui faisait face.

"-Alors, qu'en pensez-vous, mon cher ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   21.06.16 21:59

*Abriel entra dans sa boutique ... Il était troublé... Comment pourrait il mener sa mission à bien ... Cette nymphe était plus froide que la glace. Et pourtant, Vénus ne lui laissait aucune alternative, il allait devoir la séduire, et l'embrasser, sans celà, ... Il passa une main dans ses cheveux châtains et grimaça. Manipuler les gens, il savait faire celà. Sauf qu'en général il se débrouillait pour choisir lui même qui manipuler ...Il choisissait une cible facile, ouverte, fragile et en laquelle il pouvait lire à livre ouvert. Jamais il n'aurait choisit cette femme. Elle semblait bornée et blasée de tout. Pourquoi d'ailleurs ? Elle ne semblait pas avoir une vie malheureuse. Encore une enfant gâtée qui ne savait rien du malheur mais se complaisait sans doute dans ses petits tracas du quotidien. Il commençait à développer à l'encontre de la nymphe une sorte de haine mêlée d'incompréhension. Finalement c'était sa faute, si elle était plus ouverte, plus facilement charmée alors il n'en serait pas là... Il frappa violemment son comptoir du plat de la main quand une volute de fumée rouge apparut dans le magasin*
Ab : "Ben tiens ... comme si j'avais pas assez d'emmerdes ...."
*La silhouette aux courbes parfaites se détacha de la volute et Vénus frotta légèrement sa robe pour en lisser les plis et rendre cette dernière plus moulante encore*
Vé "Alors ... Comment avance notre mission Abriel ? Mieux que la dernière fois j'imagine..."
*La mâchoire du jeune alchimiste se contracta. Il tendit la main et attrapa la déesse par le cou *
Ab : "Je ne peux rien pour toi Vénus. Cette femme est imprenable"
*Vénus éclata d'un grand rire qui dura plusieurs secondes. Cette phrase semblait à ses yeux la plus drôle du monde ... Elle commença à lever un doigt : Le petit elf de la forêt, puis un deuxième : Sensei, un troisième : Jonath, un quatrième : Amonis, et enfin un dernier : Setsuna . Durant tout ce temps elle avait simplement continué de rire sans prononcer un mot . Abriel, décontenancé avait laché la femme ...*
Ab : "Hé bien ... Tu sais compter jusqu'à 5 , c'est déjà pas si mal Vénus, je ne t'en croyais pas capable ... "
*Ce fut Vénus qui plaqua le jeune homme contre un mur, son parfum enivrant l'enveloppa et lui tourna légèrement la tête tandis qu'elle prononçait en articulant chaque syllabe*
Vé : "Chise n'est PAS imprenable ... Elle a aimé 5 hommes ... Chaque fois elle pensait ne plus jamais pouvoir tomber amoureuse. Chaque fois tu entends ... Mais elle retombe toujours ... TOUJOURS amoureuse ... Débrouille toi pour être le suivant !"
Ab : "MAIS JE NE PEUX PAS ! Elle ... ça n'est pas mon type ...."
Vé : "Qui te demande de tomber amoureux d'elle ? J'ai simplement besoin qu'elle le soit de toi ... Et ce jour là ... Quand elle t'embrassera ..."
*Elle frôla doucement du bout du doigt les lèvres de l'alchimiste puis le médaillon d'un blanc crème qui ornait le cou du jeune homme *
Vé : "Ce qu'elle a de plus précieux sera à moi ...."
Ab : "Qu'a t'elle donc de si précieux qui ne peut se transmettre que par un baiser ?"
Vé : "Es tu donc si stupide ? son amour bien sur .... "
Ab : "Je peux faire tomber amoureuse une autre femme.... récupérer un autre amour ..."
*Vénus émit une moue de mépris et leva les yeux au ciel*
Vé : " Seule cette femme possède ce dont j'ai besoin ... Alors ... tu ferais bien de te mettre au travail ... Sinon ..."
Ab : "Sinon ..."
Vé : "Sinon tu ne reverras jamais plus ta précieuse sirène ...."
*A peine ces mots prononcés, Abriel mit la main à la garde et dégaina son épée, frappant un grand coup en direction de Vénus qui disparut au même moment dans la même fumée rouge et douceâtre qui l'avait vu apparaître ... Abriel lâcha son épée , et le regard dans le vide se contenta de murmurer ...*
Ab : "Je ne la laisserai pas te garder ... jamais ....Je me battrai pour toi ... Je te le promet ..."

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Chise
Admin et Pilier d'Outremonde
Admin et Pilier d'Outremonde
avatar

Féminin
Nombre de messages : 9923
Age : 32
Race : Mi Hamadryade - Mi Démone
Date d'inscription : 25/09/2006

Feuille de personnage
Pouvoirs: Contrôle de la Nature
Localisation: Vaste Forêt
Equipement: Une besace, une épée et une dague ...

MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   04.01.17 13:10

*La jeune nymphe avait rassemblé ses esprits. Tout d'abord, il lui semblait indispensable d'avoir un portrait ... quelque chose qui lui permettrait de montrer au passant? Parce que décrire Setsuna ... c'eut été ... trop fastidieux ... trop long ... Les gens ne l'écouteraient pas .... Fort heureusement, elle savait exactement qui pourrait se charger de celà. Sur une petite place, dans les hauteurs du village de l'Ouest, des artistes se réunissaient chaque matin pour tirer le portrait des passant ... certains étaient talentueux, d'autres moins, mais parmi eux .... il y en avait un dont le génie ne pouvait être nié. Ses portraits étaient d'une justesse incroyable. Il avait ce don de faire ressortir les détails les plus infimes. La nymphe pressait le pas, elle arrivait sur la petite place. D'un regard, elle balaya cette dernière et trouva le jeune homme. Assis sur un tabouret, il tirait le portrait d'une gamine de 3 ans que sa mère avait posé là. La petite gigotait, pleurait, chouinait. Il faisait froid, et visiblement l'idée de rester assise là en attendant qu'un inconnu la dessine ne la ravissait pas.*
*Chise avança et se posta derrière le jeune homme, elle était fascinée par son trait, rapide, presque brutal, mais pourtant si juste. Il dessinait la gamine .... souriante ... Incroyable. Comment pouvait il deviner le visage qu'elle avait avec cette expression ? Difficile à dire, mais il y parvenait. Il avait presque fini le portrait, il ajouta quelques ombrages, la lumière dans les yeux, et le dessin était parfait ... La nymphe se mordit les lèvres, elle aurait aimé avoir du talent .... Malheureusement de talent, elle n'en avait aucun ... Elle ferma les yeux un instant .... se rappelant des vers du poète et secoua ses cheveux dorés ... elle fut interrompue dans sa rêverie par le jeune dessinateur*
?? : " Madame .... MA-DA-ME ? "
* "Madame" .... La nymphe sursauta ... Oui ... une dame ... des années étaient passées depuis le départ de Setsuna ... Elle devait se rendre à l'évidence. Elle n'avait plus 20 ans ... elle en avait 30 ... Elle n'était plus une jeune nymphe ... une jeune fille. Elle était une femme. A l'âge où toutes les autres avaient déjà plusieurs enfants, elle n'en avait aucun, et cherchait encore cette chose idéaliste ... l'amour. Son coeur resterait fermé ... fermé à tous jusqu'à lui ... jusqu'à Setsuna .... Chise secoua sa tête, et posta son regard dans celui du jeune homme ...*

"Oui ... je ... Pardon ! Veuillez m'excuser. Je viens pour faire un portrait ..."
D : "Faudra enl'ver votre capuche Madame ! "
"Hein? Ha ... non ! ça n'est pas pour moi ... c'est ... un portrait que vous devrez me faire ... selon mes mots ... je souhaiterais retrouver une personne disparue ... "
D : "Ben ça ... c'est pas courant ... Mais je sais faire ! "
"Vrai ? ... Alors c'est bien .... "
D: "Ben allez y m'dame ... commencez par me la décrire .... "

*Chise ferma les yeux ... tenta de rassembler les images qu'il lui restait de Setsuna ...c'était loin ... Si loin .... des années ... à quel point sa mémoire avait elle troublé l'image qu'elle avait de lui ? ....*

_________________
- Ca te réjouit que j'ai eu le cœur brisé.
- S'il peut être brisé, ça veut dire qu'il bat encore ....

Once upon a time, Emma Swan / Killian Jones.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://outremonde.myblog.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Village de l'Ouest   

Revenir en haut Aller en bas
 
Village de l'Ouest
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 37 sur 38Aller à la page : Précédent  1 ... 20 ... 36, 37, 38  Suivant
 Sujets similaires
-
» Un jour, dans un village de l'ouest (Jour I - Walnut Grove)
» kiwi bichon frisé male de 2 ans ( sud ouest)
» Conflit Est-Ouest au cœur du Caucase
» Village Hentaï[accepté]
» Installation d'un comite de gestion des risques pour l'Ouest

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Outremonde :: RPGs :: Lieux divers et variés-
Sauter vers: